Un texte unique par sa poésie et son message

(Extraits commentés du premier livre de la Bible, le livre de la Genèse, chap. 1 et 2)

Quels sont les points essentiels du début de la Genèse ?

  • Le monde existe par la volonté de Dieu
  • Au commencement, Dieu crée le ciel et la terre.
    La terre est comme un grand vide. Elle est dans la nuit.
    Une eau profonde la recouvre. Le souffle de Dieu se tient au-dessus de l’eau.

    Dieu dit: "Que la lumière brille!" Et la lumière se met à briller.
    Dieu voit que la lumière est une bonne chose. Alors il sépare la lumière de l’obscurité. Dieu appelle la lumière "jour", et l’obscurité, il l’appelle "nuit".
    Il y a un soir, il y a un matin. Voilà le premier jour.

    Le récit de la création dans le 1er chapître de la Genèse est une description poétique de l’origine du monde, rédigée bien avant notre ère et avant toutes les découvertes scientifiques sur les mécanismes et les longues étapes qui ont abouti à notre existence. Le texte est extrêmement sobre pour un texte aussi ancien, donne un ordre logique à l’apparition des choses dans le monde, très surprenant pour un texte de cette époque.

    Le texte n’a pourtant pas de vocation scientifique, et n’a pas été écrit pour soutenir ou contredire une position scientifique, pas plus celle de l’époque de sa rédaction que celle d’aujourd’hui ; ce serait le trahir que de lui donner cette attribution.
    Aucun mécanisme ou méthode de création n’est imposé. Dieu intervient uniquement par sa parole : Dieu dit, et la chose s’accomplit. Le "comment" importe peu, le "pourquoi" reste caché, les architectes à qui Dieu pourrait s’adresser (pourquoi pas ?) sont inconnus. La nature s’ordonne simplement selon la Parole de Dieu. Mais aucun processus, aucune loi, aucune règle, aucun temps ne sont prescrits, car tous ses détails sont secondaires.

    Le message de ce texte est que Dieu est à l’origine du monde, qu’il existe par sa volonté.

  • L’homme a une responsabilité particulière"
  • Alors Dieu crée les humains à son image, et ils sont vraiment à l’image de Dieu. Il les crée homme et femme. Puis il les bénit en disant: "Ayez des enfants, devenez nombreux. Remplissez la terre et dominez-la. Commandez aux poissons dans la mer, aux oiseaux dans le ciel et à tous les animaux qui se déplacent sur la terre."

    Dieu a créé l’homme " à son image ", et l’a nommé responsable de sa création sous toutes ses formes.
    La conquête de l’homme sur le monde ne peut être vue comme une tyrannie destructrice. L’homme a de nos jours conquis toute la planète, et a même les moyens de la détruire complètement. S’il est à l’image de Dieu c’est que Dieu lui donne à la fois le pouvoir de commander et la responsabilité de gérer. L’homme doit être gérant de la création.

  • Le repos de Dieu
  • Ainsi Dieu finit de créer le ciel, la terre et tout ce qu’il y a dedans.

    Le 7ème jour, Dieu a terminé le travail qu’il a fait. …Il fait de ce jour-là un jour qui lui est réservé. En effet, ce jour-là, Dieu s’est reposé de tout son travail de créateur.

    Le premier récit de la création termine sur une notion fondamentale des valeurs judéo-chrétiennes, celle du repos hebdomadaire :
    La notion de repos périodique recouvre dans la loi de Moïse (dans les livres du Deutéronome notamment) l’obligation de ne pas surcharger la nature : le repos est même imposé à la terre cultivée (périodes de jachères). L’homme ne doit pas surexploiter sa personne, ni celle des autres, ni la terre ; la récolte doit toujours laisser une marge aux animaux et aux glaneurs. La recherche du profit doit restée limitée.

    Le texte nous dit aussi que l’homme n’existe pas " par hasard ", mais dans un but voulu par Dieu.

    Ce qui veut pas dire que le hasard n’y soit pour rien, mais que Dieu en est le maître. Pour concéder quelque chose à la théorie de l’évolution, Dieu a pu utiliser le hasard en tant que moyen de création. Sans parler du monde entier, notre propre existence semble dû à des mécanismes parfaitement matériels, des volontés d’hommes (nos parents biologiques), des circonstances de rencontres et de situations qui nous semblent régies par le hasard. Affirmer la souveraineté de Dieu c’est croire que rien ne lui a échappé : c’est lui qui a établi les lois du hasard. C’est lui qui connaît notre véritable destin, il est dans les coulisses du théâtre des hommes, il connaît le rôle de chacun.

  • L’homme est un animal
  • L’homme à l’image de Dieu semble être une prétention. Comme pour tempérer cette idée, le 2ème récit de la création (qui commence à Genèse 2 :4) nous donne pour l’homme une autre origine, et presque un " mécanisme " de formation :

    Le SEIGNEUR Dieu prend de la poussière du sol et il forme un être humain. Puis il souffle dans son nez le souffle de vie, et cet homme devient un être vivant.

    L’homme est modelé à partir de la poussière du sol. Il est donc de la même matière que les animaux. On pourrait dire qu’il fait partie comme eux du règne animal. Ses atomes, sa matière, sa formation, la structure de son ADN, son métabolisme, tout l’apparente aux animaux sur le plan matériel.

  • Le destin de l’homme
  • Après la chute et la rébellion, Dieu dit à l’homme :

    À ta mort, tu retourneras dans la terre d’où tu viens. Oui, tu es fait de poussière et tu retourneras à la poussière."

    Le destin de l’homme semble bien triste dans cette chute. Pourtant l’espoir subsiste. L’interdiction de retour est en même temps un défi à l’homme.

    "Eh bien, l’homme est devenu comme un dieu: il connaît ce qui est bien ou mal. Maintenant, il ne faut pas qu’il prenne aussi les fruits de l’arbre de la vie. S’il en mangeait, il vivrait pour toujours."

    L’homme est donc à deux doigts de devenir un être immortel : il est chassé du jardin non seulement parce qu’il a failli, qu’il a mangé de l’arbre de la connaissance, mais aussi parce qu’il risque de manger de l’arbre de la vie éternelle. Il y a dans ce départ l’idée même qu’un retour serait possible  : si l’homme se réconciliait avec Dieu, il pourrait manger de cet arbre de vie.
    Donc, tout n’est pas perdu !